LA REUNION DANS L'HISTOIRE


PLAN  

1. DECOUVERTE DE L’ILE ET OCCUPATION TEMPORAIRE. LES PREMIERS COLONS DE BOURBON : LES DOUZE MUTINS.

2. OCCUPATION DEFINITIVE. LES PREMIERS TEMPS DE LA COLONISATION : LA COMPAGNIE DES INDES.

3. L’ILE DU CAFE ; L’ŒUVRE DE MAHE DE LA BOURDONNAIS ; CHOISEUL RACHETE BOURBON A LA COMPAGNIE DES INDES (1715-1767).

4. ADMINISTRATION ROYALE, REVOLUTION, EMPIRE, DOMINATION ANGLAISE (1767-1815). 

 5. LA GRANDE EPOQUE (1815-1850)

6. LES ANNEES DIFFICILES (1860-1945)



1. DECOUVERTE DE L’ILE ET OCCUPATION TEMPORAIRE. LES PREMIERS COLONS DE BOURBON : LES DOUZE MUTINS.

 

Les avis des historiens varient quant à la date de découverte de la Réunion. Les navigateurs orientaux connaissaient certainement l’archipel des Mascareignes : certaines lettres gravées y furent trouvées, frappées dans trois cents livres de cire.

 

Toutefois, le portulan d’Alberto Cantino est le premier document cartographié mentionnant l’archipel ; la Réunion s’y nomme : Diva morgabin, en 1502.

 

Le 9 février 1507, jour de Sainte Apoline, la Réunion aurait été reconnue la première fois par le portugais Jacques Lopez de Sequeira selon les uns, selon les autres par Pedro Mascareinas, et en 1512 seulement. Sur le portulan de Pedro Reinel, en 1518, la Réunion est mentionnée pour la première fois sous le nom de Santa Apolonia.

 

Le portugais Mascareinas, en 1545, débarque les premiers « colons » : des cochons et des chèvres, et appelle l’île « Mascareigne ». Le 24 mars 1613, un pirate anglais, Castleton, s’y arrête et l’île étant boisée, lui donne le nom « d’England Forrest » : « Elle est partout verte et agréable, revêtue d’une belle livrée, particulièrement de plusieurs sortes d’arbres dont la hauteur est admirable et le branchage plus épais qu’en aucun autre lieu du monde… »

 

En 1638, le voilier Saint-Alexis de Dieppe aborde l’île, son commandant en prend possession et grave les armes du roi Louis XIII sur un tronc d’arbre.

 

Le 24 juin 1642, le cardinal de Richelieu fait pour dix ans concession de l’île à la Compagnie française de l’Orient. En 1643, de Pronis, gouverneur de Fort Dauphin (Madagascar), donne à l’île de nom francisé de « Masacarin ». Ce même de Pronis, se trouvant au printemps 1646 en face d’une mutinerie à Fort-Dauphin, ne sachant s’il devait exécuter ces mutins ou les livrer aux malgaches, a l’idée lumineuse de les embarquer sur le Saint-Louis et de les abandonner sur l’île Mascarin avec des provisions, des semences et trois chèvres. Ces hommes s’établissent sur les rives de la rivière Saint-Jean et y vivent trois ans…

 

En 1649, Falcourt envoyé par la Compagnie de l’Orient à Fort-Dauphin pour rétablir l’ordre, réexpédie Pronis en France et rapatrie les douze mutins sains et gaillards, heureux de leur sort …

 

En octobre, Flacourt reprend possession de l’île et la nomme île Bourbon. A la suite d’une nouvelle révolte (octobre), Flacourt envoie à Bourbon le chef des mutins, Antoine Couillard, avec treize compagnons, six hommes noirs, du bétail et quelques semences. Ils s’établissent à Saint-Paul, cultivant du tabac, des melons et des légumes. Deux cyclones ayant détruit les plantations, ces premiers colons découragés quittent l’île sur le Thomas-Guillaume, vers les Madrapatam, avec « leurs » six hommes noirs et leurs marchandises.

2. OCCUPATION DEFINITIVE. LES PREMIERS TEMPS DE LA COLONISATION : LA COMPAGNIE DES INDES.

 

En novembre 1663, Louis Payen de Vitry-le-François débarque avec un français, sept malgaches et trois femmes noires ; ceux-ci s’enfuient dans la montagne, ce sont les premiers noirs déserteurs, dits « marrons ».

 

En 1664, Colbert crée la compagnie des Indes Orientales, en remplacement de la compagnie d’Orient. Cette création allait assurer le peuplement de l’île. En effet, la compagnie, en 1665 subventionnée par Louis XIV et soutenue par les capitaux de riches familles françaises, envoie à Bourbon trois navires, le Saint-Paul, la Vierge du Bon-Port et l’Aigle Blanc, chargé d’y débarquer une vingtaine de colons et leur chef Etienne Regnault. Deux ans plus tard, le Saint-Jean, de la flotte du marquis de Montvergne, débarque à son tour sur l’île deux cent malades, cinq jeunes femmes et un prêtre. La même année, les cinq premiers mariages sont célébrés dans l’île. En 1671, un nouveau contingent arrive de Madagascar.

 

On s’organise dans l’île. Regnault réclame à la Compagnie des charpentiers, de menuisiers, des maçons. Un voyageur décrit ainsi la vie des premiers colons : « Vêtue de simple toile, les pieds nus, la tête garantie du soleil par un grand chapeau de paille, chacun s’est bati une hutte de branche d’arbres couverte de feuillage qui est sa maison ; autour, un enclos où il cultive du riz, du blé, des légumes, élève quelques volailles, des chèvres, un cochon, des mouches à miel ; et il vit content, des fruits de son potager et des animaux de sa basse-court, améliorant parfois son ordinaire du produit de sa chasse, de sa pêche… Ils ont aussi  des cannes à sucre dont ils tirent le jus fermenté appelé frangorain ».

 

Les remarques du commandant Dubois, envoyé à cette époque par la Compagnie pour juger du développement de l’île, sont les suivantes : « Si l’on souhaite établir en cette île, il est nécessaire d’y passer du monde de France pour y faire valoir le terres ; auxquelles personnes il faudrait des noirs pour cultiver ces terres et faire les travaux nécessaires… Ces noirs peuvent se tirer de Madagascar. Un noir ne coûte pas vingt sous de verroterie. Mais il faudrait prendre garde à ces noirs et les tenir dans la crainte, car ils pourraient se rendre maître de l’île et  tuer les français. Il faut s’en méfier… »

 

La Compagnie trouve ses remarques judicieuses, on achète des esclaves ; « trois noirs jeunes pour deux fusils ». On pense à la reproduction : « Il faut que chaque noir est sa négresse, pour les marier dans l’île », au châtiment en cas de révolte : Aux fugitifs « on coupe soit le pied, soit la jambe, ce qui les empêche de partir à nouveau et ils n’en rendent pas moins bon service à leur maître… ».

 

En janvier 1680, à la mort du gouverneur, les habitants élisent le P.Bernardin, remplacé à son tour par Vauboulou, débarqué en 1689 avec les pleins pouvoirs. Le désordre règne dans l’île. Les habitants sont français pour la plupart, italiens, espagnols, portugais, allemands, hollandais, indiens… Certain sont d’anciens flibustiers. Ce petit monde vit à Saint-Paul et sur la côte nord, « menant joyeuse vie, buvant sec, jouant gros et travaillant peu… »

 

A cette époque, les habitants sont encore rares (538 blancs et 633 esclaves) et n’ont guère de besoins. Un des trais caractéristiques de la population réunionnaise se dégage déjà : l’amour de la famille nombreuse.


3. L’ILE DU CAFE ; L’ŒUVRE DE MAHE DE LA BOURDONNAIS ; CHOISEUL RACHETE BOURBON A LA COMPAGNIE DES INDES (1715-1767).

En 1715, des Malouins introduisirent dans l’île de plants de café d’Arabie, à coté des plants sauvages locaux. Ce café, dérivé du moka, donnera le « Bourbon rond », parallèlement au « Bourbon pointu » des caféiers sauvages. A paris, le café Procope lance le Bourbon comme la toute dernière mode. L’île caresse le rêve d’être le fournisseur de l’Europe en café. Cette prospérité attire à Bourbon de nouveaux immigrants.

La population blanche atteint 3760 habitants en 1760. A la même époque, Mahé de la Bourdonnais envoie en Europe le chiffre record de deux millions et demie de livres de café. Mais l’île avait un trop beau rêve. Cette prospérité est précaire ; La commercialisation est difficile à soutenir ; d’une part la qualité du Bourbon est inférieure à celle du café d’Arabie, et bien des livraisons atteignent l’Europe dans un état invendable ; D’autre part, les Antilles font une sérieuse concurrence. En vain, on cherche des débouchées en Afrique ou aux Indes. Un puceron s’abatant sur les caféiers donne le coup de grâce. La Compagnie des Indes conseille aux planteurs l’abandon du café et l’essaie du coton, du tabac, de l’indigo. Aucun succès ne couronne ces tentatives, et ce n’est qu’au siècle suivant que les épices démarreront en flèche.

 

En 1755, Mahé de la Bourdonnais débarque à Bourbon avec le titre de gouverneur général des îles de l’Océan Indien. Son règne dure dix ans et c’est un tournant pour la vie de l’île. Jusqu’à présent, les gouverneurs s’en tenaient à une exploitation aussi intensive que possible. Mahé, marin Malouin, va gouverner les deux îles, île de France et Bourbon, dans la grande perspective d’en faire une base navale nouvelle, dans le conflit qui oppose anglais et français sur l’Océan Indien.

 

On a dit que durant son administration, Bourbon était devenue la cendrillon de l’île de France. Ceci est la vision négative avec ne pointe de vérité. Il est normal qu’avec son projet, Mahé est préféré l’île de France, pourvue de ports, à Bourbon, qui elle en était complètement démunie. Il élie domicile à Port-Louis, y transfère les service administratifs, et donne à Bourbon un rôle subalterne mais néanmoins important : Puisque l’île de France est la base navale, Bourbon va approvisionner tous les équipages par son agriculture. Aussi il la développe en construisant des routes pour acheminer les produits. Pour faciliter l’embarquement des marchandises, son génie de marin lui fait bâtir un pont volant de bateaux, en rade de Saint-Denis devenue capitale.

 

Pour occuper les fils désoeuvrés des familles riches, il essaie de les enrôler dans la marine en leur promettant des grades ; Les équipages des vaisseaux restent constitués de noirs et de forbans. Avec ceux qui sont à terre, il forme une milice chargée de lutter contre « les noirs-marrons », de plus en plus nombreux. Le « règne » de Mahé est malheureusement trop court pour qu’il voit la réalisation de tous ces projets.

 
Ces dernières années exceptées, la Compagnie des Indes appauvrit en général les îles de l’Océan Indien. Voulant tirer des profits maximum, elle vendait fort cher, aux habitant des îles, les produits des Indes et d’Europe, et achetait à bas prix la production locale : Elle réalisa sur les produits européens un profit de 150%. Le nombre de ces ennemis augmentait, elle eut contre elle l’opinion publique. Le coup de grâce lui fut donné par les philosophes, notamment Montesquieu. Et en 1764 le ministre Choiseul, voulant faire peau neuve, rachète les deux îles pour la somme de 7 625 348 livres. La rétrocession est effective le 14 juillet 1767. 

4. ADMINISTRATION ROYALE, REVOLUTION, EMPIRE, DOMINATION ANGLAISE (1767-1815).

 

Sous l’administration royale, Choiseul garde le plan d’ensemble de Mahé, et sous la direction d’un gouverneur royal des îles, aux fonctions militaires et administratives, Bourbon reste le grenier à blé, l’entrepôt des Mascareignes.

 

On intensifie la culture du blé, du riz, du maïs, des légumes secs. Le naturaliste L. Hubert, sous l’impulsion de Poivre, introduit les épices : la muscade, la canelle, le poivre, le gingembre, le clou de girofle et le safran. C’est au court de cette période que l’économie de l’île fut la mieux équilibrée. Bien des colons vivent dans le luxe, et le père Gaulier, envoyé pour réformer le clergé, est scandalisé : « Je m’attendais ici à trouver quelque chose de rustique ; j’avais un gros sifflet pour appeler mes sauvages à l’église. Quelle n’a pas été ma surprise de me voir entouré de magistrats, de gros bourgeois, de hautes dames, tous montés sur le bon goût, gens de festins et de bals, splendides jusque dans leur train : chaises à porteurs, palanquins, filles de chambre à triple état de manchettes pour Madame « … ». On ne vois que des gens à poils et à plumes… ».

 

En 1789, l’île ne réagit par aucun événement marquant à la révolution française. En commémoration de la réunion de Marseillais et des Gardes nationaux le 10 août 1792, elle prend le nom de l’île de la Réunion.

 

En 1803, le général Decaen débarque sur l’île qui devient l’île Bonaparte. Les trois années du mandat de Decaen sont catastrophiques du point de vue écologique : tempêtes, cyclones, ravagent l’île et ruinent l’agriculture. La situation es tragique, à cause du blocus, la disette sévit. La guerre de course se livre, et le 7 juillet 1810 l’Angleterre prend possession de l’île. C’est occupation qui dure cinq ans, est entièrement négative.

 

Seul fait marquant, unique dans les annale de la Réunion, une grande révolution d’esclaves, au cours  de laquelle plusieurs blancs sont tués.

 

 

5. LA GRANDE EPOQUE (1815-1850).

 

Quand, par le traité de Paris, la France de la restauration reprend possession de Bourbon (en 1848 elle sera de nouveau et définitivement la Réunion), la situation a bien changée. Libérée à tout jamais de la tutelle de l'Ile de France, Maurice restée anglaise, l'île demeure la seule base française de l'Océan Indien ; elle le sera jusqu'à la prise de Madagascar en 1880.

 

L'économie, vaincue par la disette, doit être repensée. La France, privée de ses fournisseurs, l'île de France et Saint-Domingue, manque de sucre. Aussi la canne va-t-elle, en quelques années, passer au rang de monoculture, aidée en cela par le progrès industriel.

 

«Quand la canne se couronne d'une aigrette violette, le moment de la coupe est proche. Alors les sucreries, jusque là inactives, entrent en mouvement. A mesure que la coupe se poursuit dans les plantations, la roulaison commence : le roseau, jeté entre des cylindres en fonte, donne un jus aqueux et sucré qu'on nomme Vesou. La partie ligneuse de la canne, appelée bagasse, est mise à part et desséchée, combustible qui sert à chauffer les chaudières. Ecumée et décanté, le vesou devient sirop et se concentre au degré voulu dans les batteries, avant d'être cuit et cristallisé » (Par Louis Simonin).

 

La production passe de 21 tonnes en 1815 à 68 000 tonnes en 1860. Ceci au détriment des autres cultures. Les Reunionnais doivent maintenant acheter le riz à Madagascar, d'où un déficit de la balance commerciale. Les petites exploitations cèdent le pas devant les grands domaines. Un immense brassage de la population se fait. Le nombre des habitants passe de 36 000 en 1778 à 110 000 en 1848. En 1830, on dénombre 70 000 esclaves. Mais au cours des dernières années, une sorte d'égalisation s'installe entre le blanc libre et l'esclave. En effet, le grand domaine ne demandant qu'un propriétaire exploitant, les cadets de grandes familles se trouvent réduits à vivre petitement, en louant les sevices de leurs esclaces, alors que les esclaves sont assurés d'être toujours logés et nourris. A la suppréssion de l'esclavage, les noirs marrons descendent de Cilaos, Salazie, pour se louer sur la côte, et sont remplacés par les petits blancs pionniers des cirques.

 

Jean D. de Rau note, dans les cahiers d'outre mer : « Après l'abolition de l'esclavage en 1848, Cialos vit affluer des petits blancs, la plupart cadets de familles, ruinés par la grande constitution sucrière et l'obligation de payer des salaires aux anciens esclaves ; ils se refusaient à servir un autre blanc plus riche et d'être ainsi l'égal de leurs anciens serviteurs ».

 

Dès 1830, les premiers engagés volontaires indiens, Malabars pour la plupart, avaient débarqué sur l'île. Au moment de l'abolition de l'esclavage, ils viennent travailler dans les grandes propriétés. Pendant toutes ces années, la Reunion est en pleine expansion. Un voyageur décrit ainsi : « ... De magnifiques routes sillonnent l'île : des centaines de voitures s'y croisent ; cent-vingt navires de forts tonnage sufisent à peine aux échanges de la colonie et à la métropole : Aux habitudes modestes à succédé le luxe de la France...».

 

Son prestige s'étent à Paris, où Lacaussade publie en 1852 ses « Poèmes et paysages » quand paraissent les « Poèmes antiques » de Leconte de Lisle, suivit dix ans plus tard, des « Poèmes barbares ». En septembre 1841, Beaudelaire, agé de 20 ans, débarque du paquebot des « mers du Sud »: Il ne restera que deux mois. A une jeune métisse indienne de Hellbourg il dédia « A une malabaraise ». A Saint-Denis, le lycée, fondé en 1818, compte en 1863 cinq cent élèves. En 1856 est fondée la société des Sciences et des arts, qui groupe l'élite intellectuelle de l'île. La Réunion est devenue l'image de la colonie modèle. A l'exposition universelle de 1856, elle reçoit 51 médailles.

 

 

6. LES ANNEES DIFFICILES (1860-1945)

 

En 1860, la situation d'une économie fondée uniquement sur la canne à sucre s'avère plus brillante que solide. On ne recherche pas l'améloration du rendement. A la Reunion, les planteurs sont en quête de terres, de capitaux et de mains d'oeuvre. Une maladie, le Boreer, causée par une sorte de chenille, s'abat sur les cannes. A la même époque, le Paludisme et une épidémie de Choléra touche la population. La prospérité ne règne qu'au niveau des grands propriétaires qui dominent 120 sucreries et emploient 25 000 travailleurs ; Le domaine de Kervegen couvre 30 000 Ha ; Son impotance est telle que la famille obtient le droit de battre monnaie.

 

Le peuple tombe dans la misère et on note une poussée de l'alcoolisme. En 1870, le percement du canal de Suez écarte la Reunion de la route des Indes et aggrave la situation. Tout l'interêt de la France se tourne sur Madagascar. La Réunion sombre dans un oubli dont elle ne sortira qu'après la deuxième guerre mondiale.

 

Durant ces années difficiles, la population de l'île augmente désastreusement : D'abord les « engagés », les derniers contingents de Malabars, débarquent en 1885. Ils sont alors 118 000 à la Reunion. Certains, seront au long des années, rapatriés, d'autres s'installent définitivement, s'occidentalisent, s'assimilent, contairement à ceux de Maurice. La Reunion accueille ses premiers Chinois en 1860, les Indiens musulmans en 1870, et l'île continue de vivoter.

 

On note cependant trois grandes réalisations : L'inauguration du chemin de fer et, pour celui-ci, le percement du tunnel à l'emplacement actuel de la route du littoral : Il est, en ce temps là, avec ses 10 280 m, le plus long du monde ; Enfin le creusement du port artificiel de la Pointe aux Galets.

 

Lors de la guerre de 1914, la Réunion envoie 14 000 sodats, dont 3000 tomberont au champs d'honneur. Lors de la deuxième guerre mondiale, en 1940, le ralliement de Vichy cause le blocus de l'île, obligée de vivre en autarcie. Pour nourrir la population, les champs de cannes sont convertis en riz, maïs et manioc.

 

En 1945, la Réunion est pratiquement ruinée, l'enseignement technique inéxistant, l'outillage désuet ; Les cadres manquent. La Tuberculose, le paludisme, l'alcoolisme, joints à une hygiène désastreuse, sévissent, et la mortalité infantile est très élevée.

 

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